vendredi 7 janvier 2011

Réponse du ministre à la question écrite n° 14284 posée par M. Ivan RENAR le 8 juillet 2010

M. Renar avait adressé au ministre une question relative à la fermeture du CAPES d'arabe et à l'avenir de l'enseignement de cette langue dans l'enseignement secondaire. Voici la réponse apportée par le ministère.



Réponse du Ministère de l'éducation nationale

publiée dans le JO Sénat du 06/01/2011 - page 22

Le ministère de l'éducation nationale oeuvre pour redonner un dynamisme à l'enseignement de l'arabe dans l'enseignement secondaire. L'enseignement de langue et cultures d'origine (ELCO) dispensé à l'école élémentaire a été remis à plat. Le travail mené pourrait accroître substantiellement le nombre d'apprenants d'arabe au collège. L'enjeu est de taille puisqu'environ 50 000 élèves suivent le dispositif ELCO d'arabe à l'école élémentaire. Ce dispositif, organisé sous la responsabilité des trois États du Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie), ne s'adressait jusqu'alors qu'aux ressortissants des pays partenaires. Il est dorénavant ouvert à l'ensemble des écoliers qui souhaitent s'y inscrire, et les contenus d'enseignement prennent dorénavant appui sur les programmes d'enseignement nationaux de langues vivantes. Ces évolutions permettent une meilleure articulation de l'ELCO avec l'enseignement de langues vivantes en collège et favorise ainsi une poursuite de l'apprentissage de l'arabe plus aisée dans le cadre des sections bilangues anglais-arabe qui permettent l'apprentissage de deux langues vivantes dont l'anglais dès la classe de 6e. Afin d'accroître 1'attractivité de la langue arabe dans l'enseignement secondaire, une certification de langue arabe, du type de celles qui sont proposées pour l'allemand, l'anglais et l'espagnol est à l'étude. Cette certification, délivrée par un organisme internationalement reconnu, vise, au travers d'un diplôme, à valider un niveau acquis par les élèves. Le niveau validé prend appui sur le Cadre européen commun de référence pour les langues. La mise en place de cette certification pourrait trouver un public au sein des sections orientales qu'il conviendrait alors de développer. À cette fin, le ministère entreprend actuellement une cartographie de l'offre et de la demande afin de mieux cibler de futurs pôles de développement. Une politique volontariste doit enfin être menée sous l'impulsion des recteurs et la mobilisation des chefs d'établissement afin d'inverser les tendances actuelles.


Source:  senat.fr

lundi 3 janvier 2011

Section internationale arabe de Grenoble: 10 ans déjà



Voilà dix ans que l'arabe rayonne à la CSI de Grenoble. Un tel événement méritait des festivités à la mesure du dynamisme de cette section internationale.

Au programme, des activités ouvertes à tous (sauf mention contraire sur le programme) qui s'étaleront du 14 janvier au 8 avril prochains.





La section internationale d'arabe à Grenoble: un modèle à généraliser


Brève histoire de la section internationale d'arabe à la cité scolaire internationale de Grenoble

La France peut s’enorgueillir d’un enseignement de l’arabe présent à presque tous les segments du secteur éducatif. Il s’agit là d’une spécificité pluriséculaire. En effet, depuis le XVIe siècle, l’école arabisante française a formé des militaires, des diplomates et des savants qui, depuis Antoine Galland et sa traduction des Mille et une nuits en 1704, font l’admiration de nos partenaires occidentaux et arabes. Ces accomplissements n’ont été possibles que grâce à un réseau d’institutions et à un engagement constant de l’Etat dès l’origine.

En 2001, il n’existait qu’une section internationale franco-arabe, au Maroc. Dans les années qui suivirent d’autres sections virent le jour en Tunisie puis en Algérie.

En 2001, les premières sections internationales d'arabe font leur apparition en France, à Grenoble et Paris. La section d’arabe à la Cité Scolaire Internationale (CSI) est donc récente. Son ouverture a dans un premier temps concerné le collège puis s’est étendue au lycée dès la rentrée 2005-2006.

L’ouverture de la section répondait à un besoin réel de la population grenobloise. Il s’agissait donc de répondre, dans un cadre républicain laïque, à une demande de plus en plus marquée, de la part de familles de toutes origines et de tous milieux.

Fonctionnement
Plus d'informations sur éduscol.

Un succès croissant


Après des débuts modestes (une quinzaine de candidats à la rentrée 2001), la section est montée en puissance et recueille aujourd'hui près du quart des candidatures adressées à la Cité scolaire internationale, qui abrite pourtant 6 autres sections. Elle entretient d'intenses relations avec tout le monde associatif grenoblois, ce qui lui a permis d'acquérir une réelle visibilité.

Cette année, à la veille de son dixième anniversaire, c'est la section arabe qui a reçu le plus grand nombre de candidatures.



Un modèle à généraliser

C'est bien là la preuve que la langue arabe, lorsqu'elle bénéficie d'un soutien effectif de la part des institutions et qu'elle est portée par une équipe dynamique, est un enseignement d'excellence, recherché et apprécié.

Lors des assises de l'enseignement de la langue et de la culture arabes, le ministre de l'éducation nationale, Xavier Darcos, avait annoncé son intention de créer de nouvelles sections internationales d'arabe. Cette promesse est restée jusqu'à aujourd'hui lettre morte, alors que le succès grenoblois montre que cette solution permet l'utilisation optimale des moyens humains dont dispose l'éducation nationale.

Grenoble est la 16ème ville de France en termes de population. A quand des sections internationales à Lille, Toulouse, Bordeaux ou Strasbourg, dont le poids démographique est suffisamment important pour qu'un tel projet soit viable?

mardi 21 décembre 2010

Faire de l'enseignement de l'arabe un critère de performance du service public de l'éducation

 La LOLF et l'enseignement de l'allemand
Promulguée en 2001, la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) a considérablement modifié le droit des finances publiques. Parmi les changements qu'elle a apportés, l'obligation pour les administrations dépensières de publier un projet annuel de performance. Ce document liste une série d'indicateurs chiffrés supposés mesurer l'efficacité de l'action publique. Chaque année, ces indicateurs sont assortis d'objectifs à atteindre.

Si l'on consulte les indicateurs relatifs à l'enseignement public secondaire du second degré (p. 84 et s. du RAP annexé au projet de loi de règlement de 2009), on trouvera parmi les indicateurs correspondant à l'objectif n°1 (Conduire le maximum d’élèves aux niveaux de compétences attendues en fin de scolarité et à l’obtention des diplômes correspondants) la proportion d'élèves d'élèves apprenant l'allemand (indicateur 1.11)


Une solution à élargir à l'arabe et à l'ensemble des langues à petits effectifs
Reconnaissons que le rapport entre l'objectif et l'indicateur ne saute pas aux yeux. Il semble plutôt traduire l'objectif politique, tout à fait légitime, de relancer l'enseignement de l'allemand. Cependant, il est vrai que la relance de l'enseignement de cette langue ne sera pas sans effet sur l'efficacité de l'utilisation des fonds publics : une meilleure mise en valeur de possibilités offertes par l'Education nationale en la matière se traduira par des classes mieux remplies, par moins d'enseignants en sous-service, etc.

Mais ces observations sont également valables pour l'enseignement de l'arabe et, au-delà, pour toutes les langues à petits effectifs. Les intégrer à un objectif chiffré de la LOLF permettrait de traduire en actes l'attachement maintes fois proclamé des acteurs politique au développement de l'arabe. Il permettrait aussi d'assurer que le riche potentiel humain dont dispose l'Etat pour enseigner cette langue d'avenir soit mieux utilisé.


L'AFDA vient donc de s'adresser à plusieurs parlementaires pour leur demander de relayer cette demande légitime et qui permettrait:
- non seulement de traduire en actes l'attachement maintes fois proclamé des acteurs politiques au développement de la langue arabe;
- mais aussi une meilleure utilisation du riche potentiel dont dispose le ministère, et donc d'une meilleure utilisation des fonds publics.

jeudi 4 novembre 2010

Fermeture du CAPES d'arabe : réponse du ministre à la question n° 83098 de M. Daniel Goldberg.

M. Daniel Goldberg, député de Seine-Saint-Denis, avait interpellé le ministre de l'éducation nationale sur la fermeture du CAPES d'arabe.
Voici la réponse du ministre.


La détermination du volume global de postes à offrir aux concours des personnels enseignants du second degré s'appuie sur des prévisions des besoins de recrutement en nouveaux personnels titulaires, prévisions qui prennent en compte un ensemble de facteurs : évolution de la démographie scolaire, réformes pédagogiques, départs définitifs des titulaires. L'offre d'enseignement au sein des établissements publics locaux d'enseignement est déterminée par chaque recteur compétent pour arrêter la carte des langues dans son académie. En ce qui concerne l'arabe, le besoin d'enseignement évolue en fonction du choix des élèves et de leur famille. Par ailleurs, cette discipline se caractérise dans le second degré par un enseignement en petits groupes qui permet d'accueillir, éventuellement, davantage d'élèves sans que le besoin en professeurs ne s'accroisse. En juin 2010, 61 ETP étaient en sureffectif, soit 28 % des effectifs totaux de la discipline. Les recrutements ont cependant été maintenus ces dernières années à un niveau supérieur aux besoins de nouveaux professeurs, pour conserver une filière de formation universitaire. Ainsi, pour la session 2011, 3 postes sont ouverts au concours de l'agrégation d'arabe. Cette baisse, temporaire, permettra de diminuer les sureffectifs dans cette matière.


Source: Assemblée nationale.

mercredi 13 octobre 2010

Appel à contribution: la question de la critique dans la pensée musulmane contemporaine - conceptions et usages



 La rencontre avec les nouvelles sciences humaines et la découverte des approches historiques, sociologiques, linguistiques, psychanalytiques, anthropologiques, etc., n’ont pas laissé indifférente la pensée musulmane. Depuis quelque deux siècles, les penseurs musulmans, ou de culture islamique, sont tiraillés entre deux attitudes :
- l’hostilité à l’égard de ces sciences, de “l’Occident matérialiste” qui “veut tout soumettre à son hégémonie” ;
- et la volonté d’intégrer les données et les méthodes de ces disciplines sans lesquelles la culture des sociétés musulmanes restera dans une posture qui tourne le dos à l’histoire.

En cette année 2010 où l’islam continue à être perçu à travers les coups d’éclat de ses expressions politiques les plus radicales,  trois grands penseurs du monde musulmans qui ont plaidé pour le développement de la pensée critique sur la base de l’intégration des apports des sciences humaines et sociales nous ont quittés : l’Egyptien Nasr Hamid Abou Zayd, le Marocain Mohammad ‘Âbid Al-Jâbirî, et le Franco-algérien M. Arkoun. 
- Mohamed Arkoun a débuté sa carrière académique à Lyon en enseignant dans notre université jusqu’en 1971,
- Nasr Hamid Abou Zayd à été invité à y donner des conférences suite à sa condamnation par les tribunaux religieux de son pays à divorcer avec sa femme – qui partage les mêmes idées et le même combat que lui – pour le chef d’inculpation moyenâgeux d’apostasie,
- Muhammad ‘Abid Al-Jâbirî est connu part nos étudiants et nos jeunes chercheurs ne serait-ce que parce que sa Critique de la raison arabe a fait partie des œuvres aux programmes de préparation aux concours d’enseignement de l’arabe (CAPES et agrégation).

La critique a occupé une place centrale dans l’œuvre de chacun de ces penseurs : Nasr Hamid Abou Zayd a écrit Critique du discours religieux, M. Abid Al-Jâbirî a laissé une volumineuse Critique de la raison arabe et Mohamed Arkoun a commis une Critique de la raison islamique qui lui a valu la haine des gardiens des orthodoxies musulmanes et des adeptes de l’islam politique.
Pour leur rendre hommage, le GREMMO, UMR5195, CNRS-Université Lyon 2, avec le soutien de la Maison de l’Orient et de la Méditerranée, l’Institut Supérieur d’Etudes des Religions et de la Laïcité (ISERL), le département d’études arabes des universités Lyon 2 et de Lyon 3, l’IEP de Lyon et le service de la recherche de l’Université Lyon 2, organise un colloque international autour de la question de la critique dans la pensée musulmane contemporaine.

Ce colloque est conçu comme un moment de trois rencontres internationales dont les deux autres seront organisées en 2011 au Maroc et en Egypte. Il aura lieu à l’Université Lyon 2, les 16 et 17 décembre 2010.
Seront invités à ce colloque des chercheurs spécialistes de la pensée arabe contemporaine en France, en Europe et dans les pays arabes.

RESPONSABLE DE L’ORGANISATION DU COLLOQUE
Chérif FERJANI, Professeur des Université,
GREMMO, UMR 5195, CNRS-Université Lyon2
7 rue Raulin, 69007, LYON (France)
Tel. 00 33 (0)4 72 71 58 53
e-mail : cherif.ferjani(arobase)mom.fr

Journée d’initiation aux manuscrits arabes: les bases de données comme outil de recherche - Samedi 6 novembre 2010



Maison de la recherche, Université Paris IV-Sorbonne- Salle 223, 2ème étage
28 rue Serpente, 75006 Paris – Métro Saint-Michel ou Cluny la Sorbonne

Matinée           
9h 30 – 10h : Accueil des participants

10h – 10h 15 : Mot d’ouverture  (Anne-Marie Eddé)

10h 15 – 10h 45 : Une base personnelle sans informatique ou presque :
pourquoi et comment travailler avec une base de données ? (Christian Müller)
10h 45 – 11h : Discussion

11h – 11h 45 : Regard rétrospectif sur une expérience dans le cadre d’une thèse (Vanessa Van Renterghem)
11h 45 – 12h : Discussion

Après-midi     
14h – 14h 45: Les quatre vies d’un projet « durable » : la prosopographie arabe et l’Onomasticon arabicum
(Jacqueline Sublet, Muriel Rouabah, Zouhour Chaabane)
14h 45 – 15h : Discussion

15h – 15h 15 : Pause

15h 15 – 16h : Analyser autrement les textes manuscrits : la base CALD et le projet « Islamic Law Materialized ».
(Lahcen Daaïf, Moez Dridi, Christian Müller)
16h – 16h 15 : Discussion

16h 15 – 17h : Quel projet scientifique pour quelle solution technique ?
(Table ronde animée par Abdallah Cheikh Moussa)
17h :  Rafraîchissements

En raison des travaux, il n’y a pas de visite du Département des manuscrits orientaux de la BnF cette année.