vendredi 18 avril 2008

Les vrais chiffres de l'enseignement de l'arabe dans le second degré

Le Comité Interuniversitaire d'Etudes Arabes revient sur le chiffre communément avancé de 7300 élèves suivant un enseignement d'arabe dans le secondaire en France.

En fait, ces 7300 élèves englobent:

- 1800 élèves suivant leur cursus au CNED en raison des discontinuités de la carte scolaire, soit près de 25% du total!

- 705 élèves de CPGE, essentiellement formés dans les grands lycées du Maghreb.

Le nombre d'élèves bénéficiant d'un enseignement d'arabe dans le secondaire avec un professeur est donc de :

7300 - 1800 - 705 = 4795


Si l'on ajoute à cela le fait que 1425 élèves sont scolarisés à la Réunion et à Mayotte, on voit à quel point l'enseignement de l'arabe en France métropolitaine a besoin d'une politique d'Etat ambitieuse et cohérente pour lui donner la place qu'elle mérite et proposer enfin une alternative aux officines communautaires.


Le rapport est consultable dans les Actes du colloque sur le centenaire de l'agrégation d'arabe.

mardi 8 avril 2008

Le site EDUSCOL a publié le 26 février 2008 les actes du colloque tenu à  l'Institut du Monde Arabe et en Sorbonne en l'honneur du centième anniversaire de l'agrégation d'arabe (17 et 18 novembre 2006).

Cet ouvrage est une mine d'or sur l'état de l'enseignement de l'arabe en France. Les Actes sont disponibles gratuitement et en version intégrale sur le site eduscol.education.fr

Nous reviendrons dans les prochaines semaines sur les contributions les plus importantes de ces Actes.

samedi 8 mars 2008

L'enseignement de l'arabe à  la rentrée 2007

Dans le numéro n°33 de Midad, R. Dumas, M. Neyreneuf et B. Tahhan reviennent sur l'implantation de l'arabe en France en 2007. Le bilan qu'ils tirent est très contrasté.


Les implantations

Le nombre d'établissements où l'arabe est enseigné est en recul à 224 établissements (- 14 depuis 2005) répartis ainsi:
- 94 collèges ( -5 depuis 2005)
- 124 lycées généraux et technologiques ou polyvalents (-6)
- seulement 6 lycée professionnels.


Par ailleurs, le nombre de collège offrant l'arabe en LV1 diminue.


Les enseignants d'arabe
Leur nombre est passé de 222 en 2005 à 202 en 2007, soit une baisse de 10% environ, ce qui ne va pas sans poser des problèmes de ressources humaines.

En province, une section peut se retrouver menacée par le départ d'un enseignant d'arabe.

En revanche, on peut se réjouir du maintien de l'ouverture du CAPES et de l'agrégation, pour la 2ème année consécutive.

Le baccalauréat
Le nombre d'inscrits à l'épreuve d'arabe au baccalauréat est en baisse de 23%, notamment dans les séries technologiques (conséquence récente des réformes du bac STG?), rassemblant toujours 1232 candidats pour l'option obligatoire et 2827 pour le baccalauréat technologique.

mercredi 20 février 2008

Des assises de l'enseignement de la langue et de la culture arabe en 2008

Le 5 décembre 2007, le Président N. Sarkozy, en visite en Algérie, à  l'université de Mentouri, a abordé dans son discours la question de l'enseignement de l'arabe avec deux idées essentielles:
- encouragement à  l'enseignement de la langue arabe
- organisation d'Assises de la langue et de la culture arabes.



Le 5 décembre 2007, le Président N. Sarkozy, en visite en Algérie, à l’université de Mentouri, a abordé dans son discours la question de l’enseignement de l’arabe avec deux idées essentielles :
- encouragement à l’enseignement de la langue arabe
- organisation d’Assises de la langue et de la culture arabes.



L'extrait du discours

Ce qui compte, c'est que l'Algérie et la France aient la langue française en partage et que tant d'écrivains, tant de savants expriment en français ce qu'il y a de plus beau dans l'art, dans la sagesse et dans la pensée algérienne. Et je souhaite que davantage de Français prennent en partage la langue arabe par laquelle s'expriment tant de valeurs de civilisation et de valeurs spirituelles. En 2008, j'organiserai en France les Assises de l'enseignement de la langue et de la culture arabes, parce que c'est en apprenant chacun la langue et la culture de l'autre que nos enfants apprendront à se connaître et à se comprendre. Parce que la pluralité des langues et des cultures est une richesse qu'il nous faut à tout prix préserver.

N. Sarkozy - Le 5 décembre 2007


L'AFDA s'associera bien évidemment à l'organisation de ces Assises et ne manquera pas de donner sur ce site toutes les informations utiles concernant sa tenue dès qu'elle en disposera.

jeudi 31 janvier 2008

Les ELCO

Les Enseignements de Langues et Cultures d'Origine (ELCO) organisés par le Maroc, l'Algérie et la Tunisie, assurent l'enseignement de l'arabe auprès de 40000 jeunes, à  rapporter aux 7000 élèves des sections d'arabe sous l'égide du ministère franà§ais de l'éducation nationale.

Les Enseignements de Langues et Cultures d'Origine (ELCO) sont le fruit d'accords bilatéraux entre la France d'une part et d'autre part:
- l'Algérie, le Maroc, la Tunisie (pour l'arabe)
- l'Espagne
- le Portugal
- l'Italie
- la Turquie
- la République fédérale de Yougoslavie.

Ces accords datent des années 80. Ils visent à assurer aux jeunes issus de l'immigration originaire de ces Etats un enseignement dans leur langue et culture d'origine.

Ces enseignements sont optionnels. Ils s'effectuent parfois sur le temps scolaire, parfois après l'école.

Ils sont assurés par des enseignants ressortissant des pays d'origine, et rémunérés par ces derniers.
Ils sont sous la responsabilité de l'inspecteur d'académie où ont lieu les enseignements.

Plus d'informations sur le système ELCO.

Les ELCO du Maroc, de l'Algérie et de la Tunisie

Ces trois Etats assurent l'enseignement de l'arabe auprès de 40 000 élèves en France, soit cinq fois plus que les élèves ayant choisi l'arabe comme langue étrangère au collège ou au lycée.

On peut s'interroger les raisons de cette disproportion: pourquoi seule une minorité de ces 40 000 élèves font-ils le choix de l'arabe comme langue vivante au collège et au lycée?

Des objectifs différents

Les objectifs des deux enseignements sont différents. Alors que l'ELCO vise à entretenir un lien entre le pays d'origine et les apprenants, la République française considère l'enseignement de l'arabe comme une langue étrangère dont l'enseignement contribue à l'enrichissement de la culture générale des élèves et à leur ouverture sur le monde, au même titre que l'enseignement de l'anglais, de l'italien ou du chinois.


Il y a peut-être aussi une question de confiance réciproque qui reste à transcender : les familles font probablement plus confiance à l'enseignement de l'arabe version ELCO qu'à la version Education nationale.


En outre, familles maghrébines sont dans un processus d'intégration où elles cherchent à se fondre dans la masse. Faire de l'arabe dans le dispositif ELCO ne compromet pas les chances de s'intégrer mieux en laissant leurs enfants étudier l'anglais et l'espagnol comme tout le monde.

Quelles formes de rapprochement envisager?

Malgré ces différences, il reste un élément commun essentiel: l'enseignement de l'arabe.
Des efforts sont constamment mis en oeuvre pour augmenter la complémentarité des enseignements ELCO et de ceux de l'école française, sans pour autant arriver à attirer plus de recrues vers l'enseignement de l'arabe comme langue vivante au collège ou au lycée.


L'adoption du cadre européen commun de référence pour les langues dans le cadre de la loi d'orientation pour l'avenir de l'école en 2005 conduit à rapprocher les points de vue dans l'intérêt des élèves.
Il s'agit d'objectiver les contenus et d'harmoniser les objectifs de niveau du cadre en fin de primaire (A1 du CECRL).

mardi 10 juillet 2007

Lettre de l'AFDA à  N. Sarkozy, président de la République

Le 10 juillet 2007, l'Association Française des Arabisants a adressé au président de la République nouvellement élu, Nicolas Sarkozy, un courrier reprenant les éléments essentiels de la réponse qu'avait faite N. Sarkozy à  la lettre adressée aux candidats à  l'élection présidentielle pendant la campagne électorale du printemps 2007.


Paris, le 10 juillet 2007

Monsieur le Président,

Le 14 avril dernier, je vous ai adressé au nom de l'association française des Arabisants, en votre qualité de candidat aux élections présidentielles, un courrier28] auquel vous avez eu l'amabilité de répondre29].

Vous avez, depuis lors, été élu président de notre république et je suis heureux, au nom de mon association, de vous adresser toutes mes félicitations.

Je me permets de reprendre contact avec vous car j'aimerais à présent repartir de ce que vous m'avez répondu pour voir avec vous ce qui pourrait être entrepris pour renforcer l'enseignement de l'arabe au sein des établissements de l'Éducation nationale.

« L'arabe, dites-vous dans votre réponse, doit pouvoir être offert à tous car il répond à un objectif de diversification linguistique et constitue un facteur de richesse culturelle. Sa maîtrise accroît également les perspectives d'insertion professionnelle. Pour toutes ces raisons, je souhaite que son enseignement soit encouragé au sein de 1 'Éducation nationale ».

Je vous remercie de ces propos favorables et ne doute pas, Monsieur le Président, que vous avez la conviction qu'il faut prendre les mesures qui s'imposent pour redresser les perspectives d'avenir de cette discipline en mauvaise posture.

En effet, les Arabisants, malgré toutes leurs actions et sollicitations passées, ne peuvent que constater la stagnation de l'enseignement19] de l'arabe qui, vous le dites vous-même,  « occupe une place particulière en France compte tenu des attaches qui nous lient avec les pays du Maghreb en, particulier et de la tradition des études orientalistes » . Ne serait-ce que pour cette raison mais il en est de nombreuses autres, cet enseignement - nous nous en sommes expliqués dans notre courrier et nous le redisons - n'est pas tout à fait comme les autres et mériterait qu'une attention particulière lui soit portée à tous les échelons du système éducatif.


Aussi les Arabisants, Monsieur le Président, en sont-ils arrivés à la conclusion que seule une volonté exprimée au plus haut degré de l'État est en mesure faire changer le cours des choses durablement et en profondeur. C'est pourquoi nous nous permettons de solliciter une entrevue avec vous - ou avec la personne que vous nous désignerez parmi vos collaborateurs - afin que nous puissions entendre vos propositions et vous présenter les nôtres.


Je vous remercie au nom de l'Association française des Arabisants de l'attention que vous voudrez bien accorder à ce courrier et vous prie, Monsieur le Président, de croire à l'expression de mon très profond respect.
 
Benoît Deslandes, président de l'AFDA

vendredi 15 juin 2007

L'état de l'enseignement de l'arabe en France en 2006

D'après la base centrale de pilotage du ministère de l'Education nationale, citée par la revue Midad n° 32 (mai 2007), le nombre d'arabisants dans l'enseignement secondaire, sections de techniciens supérieurs (STS) et classe préparatoires aux grandes écoles (CPGE) serait stable, à  un peu moins de 9000 élèves.
       
Ces 9000 élèves sont à comparer avec les autres langues rares, comme
- l'hébreu (7000 élèves dans le 2nd degré à la rentrée 2006),
- le chinois (12 564).

A titre comparatif également, l'italien rassemblait 250 000 élèves, l'espagnol 2,2 millions et l'anglais 5,2 millions.



La prédominance de l'arabe comme 2ème langue vivante
- 1077 élèves étudient actuellement l'arabe en France comme première langue vivante (enseignement commencé en classe de 6ème au plus tard)


- 5243 élèves étudient l'arabe comme LV2 (enseignement commencé en classe de 4ème au plus tard)


- 2604 élèves ont choisi l'arabe comme LV3 (enseignement commencé en classe de 2nde).

Autrement dit, la LV2 représente près de 60% des effectifs des arabisants.

Une répartition géographique très contrastée

Pour des raisons historiques évidentes, la première académie pour l'enseignement de l'arabe est Mayotte (1468 élèves).

Viennent ensuite les académies de la région parisienne: Paris, Versailles puis Créteil  (respectivement: 943, 820 et 600 élèves).

Viennent ensuite trois académies avec des effectifs compris entre 450 et 500 arabisants (Orléans-Tours, Lille, Strasbourg)

On notera la faible implantation de l'arabe dans les académies de Lyon et du Sud de la France.


Une forte implantation dans l'enseignement supérieur STS et CPGE

Les STS (= les classes dans lesquelles on prépare le brevet de technicien supérieur, BTS) accueillent 198 élèves.

Les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) (essentiellement commerciales et scientifiques) rassemblent, elles, 719 élèves (soit plus d'arabisants que l'académie de Créteil).

Or, d'après Midad, ces chiffres seraient largement sous-évalués.